• LA CLÉ DES CHANTS






    Le rossignol

    Quant ta voix, céleste prélude
    Aux silences des belles nuits,
    Barde ailé de ma solitude
    Tu ne sais pas que je te suis !

    Même si l'astre des nuits se penche
    Aux bords des monts pour t'écouter,
    Tu te caches de branche en branche,
    Comme si tu voulais l'imiter.

    Ah ! ta voix touchante ou sublime
    Est trop pure pour ce bas milieu
    Cette musique qui t'anime
    Est un instinct qui monte à Dieu,

    Tes gazouillements, ton murmure,
    Sont un mélange harmonieux
    Des plus doux bruits de la nature
    Du plus beau chant des cieux.

    Tu prends les sons que tu recueilles
    Dans les cris que répète l'écho,
    Dans les frémissements des feuilles,
    Dans les gazouillements des flots,

    Dans les feuilles où tremblent des larmes,
    Ces fraîches haleines des bois,
    O nature ! elles ont trop de charmes
    Pour n'avoir pas aussi ta voix.

    Dans les chuchotements et plaintes
    Qui sortent la nuit des rameaux,
    Dans les voix des vagues éteintes
    Sur le sable ou dans les roseaux !

    Alors, cette voix mystérieuse
    Va charmer les oreilles des anges,
    Quand leurs soupirs dans la nuit pieuse
    Monte vers Dieu comme une louange

    Elle est la voix d'une nature
    Qui n'est qu'amour et pureté
    Un brûlant et divin murmure :
    L'hymne flottant des nuits d'été.

    Alphonse Lamartine




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